Pablo Garcia

Travaux  //  Textes  //  Instagram

Paysages d'événements (peintures murales)



2014-
peinture acrylique sur mur



Paysage d’événements (Souville), 800x300 cm, 2014
Vue de l’exposition Conscience de Classe / Graphéine#6, Lieu Commun, Toulouse

Je réalise des relevés photographiques de la topographie du sol toujours marqué par la guerre un siècle plus tard. De retour en atelier, je retravaille mes images par un code graphique à la croisée de la cartographie et du camouflage. Je redéfinis la réalité photographique par zones. En fonction des différentes qualités du sol, je leur applique un code couleur spécifique. Ainsi, la modification d’échelle des représentations trompe le regardeur tout en soulignant la complexité du terrain arpenté.


Paysage d’événements (Craonne), 750x320 cm, 2015
Vue de l’exposition Les glaneurs de rêve, galerie Sator, Paris
Acquisition FRAC Occitanie Montpellier

À première vue, ces peintures présentent un paysage de grande ampleur, une vallée, la moyenne montagne, un point de vue panoramique… Leurs tailles mêmes et leurs dispositions dans l’espace incluent le spectateur physiquement dans la couleur. Mais la réalité de cet ensemble jouant de dissonances et d’harmonies colorées est tout autre. Ici, les points de départ prélevés sur place sont des recadrages de trous d’obus, tranchés… Je procède de ce changement d’échelle pour nous questionner un peu plus sur nos poncifs. Je joue avec l’histoire du camouflage et réexplore sa fonction première, la mimèsis du paysage par le respect des spécificités du terrain du théâtre d’opérations choisi. Je réinvestis aussi les premières tentatives de camouflage opérées par des artistes et particulièrement le razzle dazzle, motifs géométriques d’origine anglo-américaine appliqués sur les bateaux et les avions. Ce choix graphique décalé de l’imagerie collective de la guerre permet d’ajouter une ambiguïté de compréhension, une abstraction et surtout une unification des lieux. Je tends vers une sorte de « paysage universel de la guerre ».

Le titre de l’œuvre renvoie à cette similitude des paysages bombardés. Il est une référence directe à l’essai de Paul Virilio Un paysage d’événements dont certains passages appellent ce constat : quelque soit la durée du conflit, trois mois ou de trois ans, la topographie du terrain devient la même.


Paysage d’événements (Vauquois), 2980x280 cm, 2015
Vue de l’exposition Demain c’est loin, Angle Art Contemporain, Saint Paul Trois Châteaux