Gilles&John (Pas mieux demain)



2026
techniques mixtes
dimensions variables

Production MO.CO. Montpellier Contemporain



Vue de l’installation au MO.CO. Montpellier Contemporain

Pour l’ouverture de l’exposition consacrée à l’École des Beaux-Arts de Montpellier, Pablo Garcia présente une nouvelle production issue de sa série Gilles&John.
Nuages et fumées deviennent les motifs centraux de cette œuvre introductive. Oscillants entre poésie et mémoire sociale, ils évoquent autant les nuages flottants que les fumées de gaz lacrymogène, signes visibles d’une révolte et nuées d’incertitude (titre en jeu de mots avec les Gilets jaunes). L’installation transforme l’espace en lieu d’apparitions et de paréidolies, où le ciel devient matière sensible et témoin d’événements visibles et invisibles.
Les lignes et les masses s’organisent en flux mouvants, entre abstraction et figuration, observation minutieuse et force évocatrice. Elles traduisent le mouvement d’un monde instable et en mutation, dialoguant avec l’ensemble de l’exposition et ses différents modes d’apparition — visions, traces, phénomènes et déplacements.


Le geste de Pablo Garcia révèle un rapport singulier à la matière : chaque trait, chaque volute de fumée traduit visible et invisible, formes en transformation et énergie contenue dans l’air. L’installation invite le spectateur à percevoir le monde dans ses marges et ses interstices, là où le réel se dédouble, se dissout et se réinvente, ouvrant l’exposition sur un territoire polyphonique où les formes se répondent et se transforment.
Pas mieux demain fait référence au titre éponyme de Teemour sortie sur la compilation Hostile Hip Hop en 1996. Ce clin d’œil à la jeunesse musicale de l’artiste n’en cache pas moins une réalité sociétale du déplacement du maintien de l’ordre musclé cantonné aux quartiers populaires dans les années 1990 à celui des manifestations en plein centre ville aujourd’hui.

Caroline Chabrand, co-commissaire de l’exposition

Installation produite et exposée au MO.CO. dans le cadre de SOL#3, Biennale du territoire. L’École des beaux-arts de Montpellier, une histoire singulière 


Crédit photos : Aloïs Aurelle