Sans titre (relevés)

feutre sur rhodoïd, reliure spirale
21 x 29,7 cm
2004-2006

Cette série relève d’un protocole de captation de l’architecture par le dessin. Une plaque de verre tenue à bout de bras sur laquelle vient une feuille de rhodoïd pour accueillir le dessin.

Ces différentes séries font état de plusieurs camps de concentration et d’extermination de la Seconde Guerre mondiale : Sachsenhausen, Auschwitz, Birkenau, Treblinka.

Je reporte ce que je vois à travers ce cadrage avec un feutre indélébile. Ce procédé permet à la fois un rapprochement des éléments sur un plan et une mise à distance du paysage. Cette dernière permet d’être concentré uniquement sur le tracé de l’architecture et de mettre de côté l’émotion de la confrontation au lieu. Cette technique de report engendre également une position de dessin inconfortable, donc un état d’urgence. Je suis amené à ne saisir que les traits essentiels, rendre compte de l’instant.

Ces relevés sont ensuite présentés reliés par une spirale, comme un classeur sans début ni fin. Chaque dessin superpose le précédent. Il en résulte une compilation de trait, un cheminement dans une mémoire d’images à chaque page. L’accumulation des feuilles de rhodoïd entraîne une atténuation de l’image, un entrelacement de l’une dans l’autre. La netteté de l’image apparaît seulement au moment du changement de page.