Désobéissance civile

Adhésif sur vitre et mur
2010
installation in situ dans le cadre de l’exposition Que Nuages…, commissariat Christine Blanchet
Acquisition Musée Jean Garcin

Au début, mes recherches se sont portées sur une occultation totale de la façade, la faire disparaître du paysage en quelque sorte. Mon objectif était de rejouer l’idée de la « planque » des résistants. Un lieu invisible où la vie continue à l’intérieur, une vie qui tente de s’organiser normalement malgré les restrictions. Mais à cause  de trop nombreuses  contraintes, j’abandonnai  cette idée au profit d’un autre angle d’attaque. L’essence de cet élan résistant m’est apparue sur la nécessité de la désobéissance civile en ces moments.

Je voulais  toucher à quelque chose d’un peu plus universel, ne pas cloisonner l’idée de résistance à une période historique. J’ai donc fait le choix de mettre en relation deux  textes théoriques sur la désobéissance civile : un premier de Henry David Thoreau extrait de La Désobéissance Civile, 1849 et un second d’Étienne de la Boétie extrait du Discours de la Servitude Volontaire, 1549. Ces deux citations et le contenu du musée créaient une filiation dans le temps et l’espace d’une nécessité de survie par la désobéissance. Pour certaines raisons techniques, ce projet n’a pas pu voir le jour,  il a cependant fait avancer ma réflexion sur cette idée de filiation transversale. Un travail précédent m’avait poussé à réfléchir sur le soulèvement populaire de la Commune de Paris en 1871 et sur les symboles insurrectionnels ; la barricade m’était apparue comme une constante dans cette notion de défense avec les moyens du bord, un geste désespéré.